À 13 ans, la plupart d’entre nous étions occupés à éviter les heures de colle ou à nous demander comment survivre à la prochaine interro surprise. Brenden Stener, jeune Canadien de 13 ans, a, lui, décidé de s’attaquer à un mythe vieux de 2 000 ans : le fameux « rayon de la mort » d’Archimède. Rien que ça. Retour sur un projet scolaire qui ferait pâlir d’envie tous les profs de physique… et peut-être un peu d’effroi chez les amateurs de barbecues sur bois flotté.
L’incroyable légende antique du « rayon de la mort »
Il était une fois, dans la Grèce antique, un certain Archimède, génie de la science et cauchemar des flottes ennemies. Selon la légende, alors que la ville de Syracuse menaçait de tomber sous les assauts de la flotte romaine du général Marcus Claudius Marcellus, Archimède aurait eu une idée lumineuse (au sens propre) : utiliser une multitude de miroirs pour concentrer les rayons du Soleil sur un point précis, déclenchant ainsi l’embrasement des navires romains. Voilà comment serait né le célèbre « rayon de la mort » !
Le principe est simple sur le papier :
- Un miroir pour capter le Soleil,
- Des rebonds de lumière en série de miroir en miroir,
- Le tout convergeant sur une malheureuse cible, surchauffée jusqu’à l’embrasement.
Le but ? Faire fondre (au sens figuré… ou pas) l’ardeur de l’envahisseur grâce à un feu bien placé.
Mais, depuis Descartes au XVIIe siècle (oui, lui aussi avait son mot à dire), de nombreux inventeurs et savants sont restés fort sceptiques quant à la faisabilité de cet exploit antique. Pour eux, la configuration semblait irréalisable et le mythe est toujours débattu.
Brenden Stener, un ado passionné par Archimède et… les défis scientifiques !
Plutôt que de refaire une maquette de volcan (désolé, c’est la vie), Brenden Stener a préféré frapper un grand coup pour son projet scolaire. Pas question pour lui de laisser ce rayon mythique dans la poussière de l’histoire. Armé de documentation solide et d’une fascination pour Archimède, il décide de bâtir une version miniature du fameux dispositif.
« Il s’agit simplement d’une version plus petite, aussi proche que possible de la réalité », explique-t-il à Business Insider, d’un naturel aussi simple que percutant. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce jeune curieux essaye de plonger dans les inventions du savant grec. Rien que ça, déjà, c’est la marque d’un passionné.
Un projet scientifique aussi ingénieux qu’abouti
Dans cette expérience, le Soleil fait grise mine, remplacé par des lampes chauffantes puissantes. Ces lampes concentrent leur énergie directionnelle vers des miroirs concaves (rien que ça), tous orientés vers une cible bien définie : un « X » marqué sur une surface. On mesure la température via un thermomètre infrarouge (la sécurité d’abord, même chez les jeunes génies) et… magie de la physique : la température de la cible grimpe en flèche dès que l’opération commence.
Et ce n’est pas tout :
- À chaque miroir supplémentaire, la température augmente significativement,
- La cible atteint plus de 50 degrés Celsius en un rien de temps.
Selon Brenden, si l’on disposait d’une source de chaleur suffisamment puissante et que l’on augmentait l’échelle du système, il serait tout à fait possible d’enflammer la cible. Voilà qui donne du grain à moudre aux férus de physique… et de mythes antiques.
Des limites techniques, mais un succès indéniable
Évidemment, détruire de vrais bateaux à la flotte romaine – en mouvement et en pleine mer, s’il vous plaît – c’est une autre histoire. Le modèle réduit de Brenden ne prouve pas définitivement la réalité du fameux laser d’Archimède, reconnaît-il lui-même. La complexité d’un tel exploit grandeur nature, avec tous les défis logistiques et scientifiques, demeure immense.
Mais qu’importe ! Son projet ne passe pas inaperçu. Il attire l’attention suffisamment pour permettre à Brenden de décrocher un prix scientifique, remis par la London Public Library. Une belle reconnaissance pour une idée aussi brillante qu’astucieuse, qui prouve que l’on peut encore, aujourd’hui, se passionner pour les merveilles de l’Antiquité… et surtout, les expérimenter !
Alors, prochains projets scolaires : qui sera tenté par un tremplin d’Héron ou une part de pi ? À vos expériences !
