Alors que tout le monde s’attendait à voir les grosses machines de Netflix continuer leur règne sans partage, voilà qu’un nouveau challenger débarque sans prévenir, balaie tout sur son passage et vient titiller les étoiles de la plateforme. La mini-série « Indociles » (« Wayward » en VO), pourtant presque invisible au lancement, a signé un exploit qui laisse pantois. Ce coup de théâtre mérite bien un décryptage. Préparez le popcorn (ou votre boisson chaude préférée), on fait le point sur ce succès inattendu !
Un démarrage fulgurant qui bouscule la hiérarchie
« Indociles » n’a pas eu besoin du rouleau compresseur marketing pour s’imposer dans le cœur (et sur l’écran) de millions de spectateurs. À peine quatre jours après sa mise en ligne sur Netflix, la mini-série a engrangé plus de 48 millions d’heures de visionnage et pas moins de 8 millions de spectateurs. Attendez, ce n’est pas fini : la série s’est hissée en tête des programmes les plus vus dans 32 pays ! Pas mal pour une production que personne ou presque n’attendait au tournant, non ?
Ce qui rend cette performance encore plus savoureuse, c’est qu’ »Indociles » dame le pion à des mastodontes comme « Black Rabbit » et « House of Guinness », série pilotée par Steven Knight (rien que ça), le créateur de « Peaky Blinders ». Comme quoi, un démarrage en trombe n’est pas réservé qu’aux shows survitamines et survendus.
Une intrigue sombre inspirée du vécu
Derrière « Indociles », on trouve Mae Martin, créatrice et interprète principale de la série. Le récit, distillé en huit épisodes, se déroule dans la petite ville de Tall Pines. Alex Dempsey, un policier fraîchement débarqué (incarné par Mae Martin elle-même), décide de lever le voile sur une institution accueillant des adolescents en difficulté, dirigée d’une main de fer par Evelyn Wade (Toni Collette). L’enquête prend une tournure tragique et humaine lorsque deux ados parviennent à s’échapper de l’établissement et viennent prêter main-forte à Alex pour mettre au jour les secrets les plus sombres du lieu… et de sa directrice.
- Une ambiance tendue et mystérieuse.
- Des institutions pour adolescents passées au crible.
- Une inspiration tirée d’expériences personnelles : « Je faisais partie de ces adolescents rebelles au début des années 2000, et ma meilleure amie a été envoyée dans l’un de ces instituts pour ados perturbés à ses 16 ans », confie Mae Martin.
Pas étonnant que l’ensemble sonne juste – ou dérange, suivant la perspective.
Une réception en demi-teinte, public et presse (gentiment) divisés
Du côté des critiques, c’est la douche… tiède. Si certains voient dans la série une sonnette d’alarme courageuse face à des pratiques contestables au sein d’établissements similaires, d’autres pointent un scénario jugé trop mince pour tenir la distance pendant huit épisodes de 45 minutes chacun. Le site Rotten Tomatoes constate ainsi un joli 78 % de satisfaction du côté des journalistes spécialisés, mais seulement 47 % pour les spectateurs.
- Certains apprécient que le sujet lourd soit enfin mis en lumière.
- D’aucuns, en revanche, regrettent un récit avec « 80 % de remplissage », des personnages pas toujours réalistes et un scénario « sans queue ni tête ».
À ces griefs s’ajoutent les désormais classiques critiques à propos d’une supposée « propagande woke » (dixit certains avis), soulignant la représentation très large de la diversité sexuelle chez les personnages. Comme le glisse un spectateur : « Tout le monde est à minima bi dans cette série, comme dans la vraie vie bien sûr. » (L’ironie, c’est cadeau !).
Faut-il se lancer dans l’aventure « Indociles » ?
Au-delà des polémiques, « Indociles » aura prouvé qu’une série peut s’engouffrer discrètement sur la plateforme et, en quelques jours, grimper tout en haut du classement. Son démarrage impressionnant ne doit rien au hasard et illustre la soif du public pour les intrigues sombres, sincères et issues d’une expérience personnelle authentique. Reste à savoir si la série saura convaincre dans la durée et rallier à sa cause autant la presse que les spectateurs les plus exigeants.
En résumé, « Indociles » divise mais attire. Le mieux, finalement, reste encore de lancer le premier épisode : impossible de savoir à l’avance si vous la classerez parmi vos coups de cœur, ou dans la catégorie « ovni Netflix ». À vos télécommandes !
