Qui aurait cru que l’on pouvait remplir 55 bonbonnes d’eau, non pas avec de l’eau mais avec… des pièces d’un centime ? Il y a parfois des obsessions qui valent de l’or, ou du moins un joli pactole inattendu.
Otha Sanders, le collectionneur de pennies… par vocation !
Dès l’enfance, on nous apprend la vertu de l’épargne. Petites économies riment souvent avec cochon-tirelire rose ou livret d’épargne qui dort au chaud à la banque. Beaucoup, une fois adultes, essaient de garder quelques pièces pour plus tard, afin de se faire plaisir ou de parer aux imprévus. Mais pour Otha Sanders, cet Américain aujourd’hui âgé de 73 ans, la petite monnaie s’est muée en grande affaire.
Tout commence pour lui par une découverte banale : une pièce d’un cent, qu’on appelle penny aux États-Unis. Pour d’autres, trouver un centime au sol relèverait du désintérêt le plus total ; pour Otha, c’est le début d’une quête quasi spirituelle. D’année en année, il se met à ramasser chaque centime égaré, que ce soit sur la plage ou au détour d’un trottoir. Et il ne s’arrête plus.
Quand accumuler devient… une mission divine ?
Au fil des décennies, l’amoncellement devient, pour Otha Sanders, un vrai sacerdoce. Il confie au magazine USA Today ressentir dans ses trouvailles une sorte de message venu de plus haut. « Je suis devenu convaincu que repérer un centime perdu ou tombé était une incitation de Dieu me rappelant de toujours être reconnaissant. » Notons l’humilité de ce rapport quotidien à la chance et à la gratitude ! Certains jours où il omet de prier, le destin met sur sa route un penny, comme un discret rappel venu d’en haut : la piété, c’est aussi du quotidien.
La logistique du centime : de la caisse à la bonbonne XXL
Sa démarche devient méthodique, presque militaire. À chaque achat, il s’arrange pour obtenir trois ou quatre pièces d’un cent de plus dans sa monnaie. Les dizaines de milliers de centimes grossissent alors sa pyramide de cuivre et de zinc. Problème logistique : comment empiler tout ça ? Oubliez le petit sachet ou la boîte à biscuits, il faut du lourd ! Il opte donc pour des bonbonnes d’eau géantes, celles qui trônent fièrement dans les salles d’attente, mais ici, elles sont pleines à raz-bord de pennies à la valeur symbolique comme pécuniaire !
Petit point quantitatif pour situer l’ambition : 55 bonbonnes remplies à bloc, voilà ce qu’a cumulé Otha Sanders en 45 ans de labeur obsessionnel — pas besoin de salle de sport !
- Pièces glanées sur terre ou sur la plage
- Petite monnaie toujours récupérée lors des achats
- Stockage dans des contenants XXL
Le grand jour : la fortune d’une vie compte… centime par centime
Après tant d’années, l’heure du bilan sonne. Otha Sanders, accompagné de cinq amis dévoués (et robustes, on l’imagine !), embarque toutes ses bonbonnes direction Ruston Origin Bank, en Louisiane. Vision improbable : six personnes, 55 bonbonnes d’eau et un hall de banque soudain transformé en caverne d’Ali Baba version cuivre ! Inutile de préciser que les employés de la banque sont restés bouche bée.
Mais l’heure n’est plus à la contemplation. Grâce à des compteuses à monnaie – la patience humaine ayant ses limites – il leur faudra près de cinq heures pour arriver à bout de ce trésor. Après tout ce temps, le verdict est rendu : Otha Sanders a patiemment accumulé 5 136,14 dollars. De quoi donner le sourire… ou s’offrir, à défaut d’un tour du monde, le règlement d’une facture pour des frais dentaires, objectif auquel il destine sa petite fortune.
Petite pièce deviendra grande… À méditer !
Cette histoire nous rappelle, non sans humour, qu’il n’y a pas de petite économie. Même le plus modeste des centimes a, sur la longueur, son mot à dire. Peut-être qu’à l’avenir, on y réfléchira à deux fois avant de laisser tomber une pièce sur le trottoir ! Mais si la patience d’Otha Sanders force l’admiration, rappelons que le plus important n’est pas tant la somme au bout du chemin que les valeurs de constance, de gratitude et de persévérance que cette aventure nous transmet. Voilà qui mérite bien… une tirelire XXL !
