Vous avez déjà rêvé de flotter dans l’espace, casque vissé sur la tête, avec la Terre d’un bleu attendrissant sous vos pieds ? Oui, mais… Osez imaginer ce qui se passerait si vous décidiez de troquer la combinaison du parfait astronaute contre un short de bain. Car ce qui arrive à notre corps sans protection dans l’espace va réellement vous choquer… et pas qu’un peu !
Pourquoi la combinaison spatiale ? Un accoutrement vital… et encombrant
Lors de son dernier séjour dans la Station Spatiale Internationale (ISS), Thomas Pesquet a réalisé trois sorties extravéhiculaires – ces sorties où chaque astronaute est engoncé de la tête aux pieds dans une combinaison dimensionnée au millimètre près. Pourquoi tant de précautions ? Romuald Amougou posait la question sur Facebook : « Sans combinaison de protection, que peut-il nous arriver dans l’espace ? » Excellente question, à laquelle Thomas Pesquet et tous les astronautes peuvent répondre…
1965 : Alexei Leonov, pionnier face au grand vide
Remontons le temps. Le 18 mars 1965, Alexei Leonov effectue la toute première sortie extravéhiculaire dans l’espace. Habillé d’un scaphandre « souple » et relié à son vaisseau par un simple câble, il découvre le silence pesant du cosmos : « Le silence impressionnant, si profond que je commençais à entendre le bruit de mon propre corps », témoignera-t-il. Mais le vide ne fait pas de cadeau à l’homme. Dès sa sortie, la pression quasi nulle dilate son scaphandre à tel point qu’il devient presque une baudruche – imaginez essayer de rentrer dans votre voiture gonflé à bloc…
Ses mouvements sont bloqués, ses mains et pieds quittent leurs emplacements… Impossible de rentrer dans le sas. Solution extrême : il dépressurise sa combinaison, la fait dégonfler au risque de sa vie et regagne le vaisseau, tête la première… Après 12 minutes et 9 secondes suspendues entre la survie et le drame, Leonov mesure l’hostilité du vide spatial.
Le vide spatial : endroit peu recommandable pour vos fluides corporels
Dans l’espace, c’est carton plein du côté hostilité :
- Absence d’atmosphère et de pesanteur : Hors de la Terre, finis la gravité et l’air respirable. Sur l’ISS, les astronautes flottent déjà grâce à la vitesse de rotation de la station qui « annule » la gravité terrestre. Sur Terre, on ne peut que s’en approcher lors de vols zéro G… mais dans l’espace, chaque mouvement devient un défi.
- Vide irrespirable : Adieu oxygène et CO2 ! Dans le vide, l’air manque et, détail amusant, plus de son possible (adieu les explosions façon Star Wars : les ondes sonores nécessitent un support matériel totalement absent dans l’espace).
- Danger mortel : la dépressurisation : Le corps humain fonctionne à pression atmosphérique et 37°C. Dans le vide, la pression chute à zéro, faisant chuter la température d’ébullition de vos fluides internes en-dessous de votre température corporelle : vos liquides se mettent littéralement à bouillir ! Ce phénomène (l’ébullisme) tue en quelques secondes, d’où la nécessité d’une combinaison maintenant au moins 0,3 bar de pression.
- Températures extrêmes : Entre -150°C côté ombre et +150°C côté soleil, soit un grand écart de 300°C sur le même corps selon son exposition. Sans la combinaison, c’est donc coup de chaud ou glaçon garanti !
- Rayonnements cosmiques dangereux : Particules à haute énergie venues des entrailles du soleil ou de galaxies lointaines, les rayons cosmiques sont radioactifs, s’attaquent au système nerveux et à l’ADN. Leurs effets restent mal connus, mais prendre des précautions n’a jamais fait de mal…
Scaphandres : armures contre l’imprévu
Face à tant de dangers, la combinaison spatiale devient une véritable bouée de sauvetage :
- Elle apporte un air respirable.
- Elle isole des variations thermiques extrêmes.
- Elle fait bouclier contre la lumière solaire et les rayonnements cosmiques.
Mais attention, même préparé, l’imprévu n’est jamais loin : en 2013, lors d’une sortie, Luca Parmitano a vu son casque se remplir d’eau suite à une fuite du système de refroidissement. Chaque sortie extravéhiculaire impose donc aux astronautes de se préparer à tous les scénarios – y compris un retour express d’urgence au sas de l’ISS…
En résumé : dans l’espace, la mode n’est pas à la légèreté. Sans protection, on ne flotte pas, on n’explode pas en supernova, mais votre corps n’a que quelques secondes devant lui avant de succomber à la dépressurisation ou à une ébullition fatale. Ce qui arrive à notre corps sans protection dans l’espace étonnera toujours… alors, si jamais vous partez pour les étoiles, n’oubliez JAMAIS votre scaphandre !
