Bougez pas, ça va saigner (du pop-corn, espérons-le) ! L’emblématique clown Grippe-sou, alias Pennywise, sort à nouveau de l’ombre pour dévoiler ses origines dans la nouvelle série « Ça : Bienvenue à Derry » sur HBO Max. Fans de frissons, préparez-vous à trembler : l’histoire derrière le sourire le plus cauchemardesque du cinéma s’apprête à nous glacer le sang… encore une fois !
Pennywise : un mythe terrifiant, né de l’imagination de Stephen King
C’est en 1986 que Stephen King a offert au monde Pennywise, le clown tordu aux mille dents et à la voix enjôleuse, immortalisé pour la première fois à l’écran par Tim Curry dans un téléfilm traumatisant pour toutes les générations (spéciale dédicace à Gérard, 62 ans, qui a déclaré : « J’en ai fait longtemps des cauchemars. Son sourire plein de dents et sa voix enjôleuse m’ont hanté longtemps »). Depuis, la créature hante la pop culture au point que tout le monde ou presque connaît Grippe-sou, même sans avoir lu King ou vu une seule adaptation.
En 2017, Bill Skarsgård se glisse dans son costume pour la nouvelle saga cinématographique. Six ans plus tard, voilà que le démon revient avec la série « Ça : Bienvenue à Derry », nous plongeant dans les années 1960 pour explorer l’origine (glauque) de son sens très personnel de la fête. Ambiance garantie.
Pourquoi Grippe-sou fascine… et fout autant la trouille ?
Comment expliquer qu’en pleine ère du gore sans limite (mention spéciale à Art de la saga Terrifier), c’est toujours Pennywise qui rabat la mise côté frissons ? Gérard tranche : « Art est vraiment trop violent. Grippe-sou reste accessible à un public plus large même si ses actes sont atroces ». Pas faux.
Laurent Aknin, spécialiste du cinéma (auteur du « Dictionnaire des personnages du cinéma mondial »), avance une explication toute simple devant ce clown tueur : la « coulrophobie » ou peur des clowns, terreur ancestrale bien ancrée depuis les spectacles de cirque. « Les clowns font parfois peur aux enfants comme on le voyait dans les cirques. Ils sont donc liés à un archétype des terreurs profondes liées à l’enfance », détaille-t-il. Cette peur instinctive, couplée à l’apparence colorée et familière de Grippe-sou, crée un cocktail d’angoisse unique. D’ailleurs, il est si célèbre que même sans rien lire ou regarder, son allure suffit à mettre tout le monde mal à l’aise.
Margaux, 18 ans et étudiante en cinéma, ajoute une touche importante : « Son apparence humaine fait peur bien davantage que quand on le voit en extraterrestre. Le fait qu’il appartienne encore un peu à l’humanité ajoute à son côté flippant ». C’est également le point de vue d’Andy Muschietti, réalisateur des films récents et showrunner de la série : « Un clown représente la transgression. Et Grippe-sou pousse le bouchon encore plus loin, parce qu’on sait qu’il ne s’interdit rien dans l’horreur ». Ça met tout de suite de l’ambiance à une fête d’anniversaire, on vous le concède…
Derry, banlieue ordinaire… ou terrain de jeu diabolique ?
Le charme (empoisonné) de « Ça », c’est aussi son ancrage dans une petite ville typiquement américaine : Derry. Pourtant, ce décor a des airs de déjà-vu, même pour celles et ceux qui habitent près de Lyon ! Laura confie : « Elle me rappelle ma banlieue, près de Lyon… Je me dis qu’il n’y a pas que dans un décor gothique que l’horreur peut vous surprendre ».
Le coup de génie de King, selon Laura, c’est d’avoir su transformer en terreurs universelles les angoisses issues du quotidien : « Cela pourrait être chacun et chacune d’entre nous. Je trouve que l’une des grandes forces de Stephen King, c’est de savoir transformer en terreur internationale des angoisses qu’on pourrait croire ancrées dans la réalité américaine. » Rien de mieux pour plonger dans l’angoisse que de voir une baignoire ou le ciné du coin devenir d’un coup le théâtre de l’horreur…
Le psy le plus tordu de la pop culture : Grippe-sou, ou l’art de détruire vos peurs (et plus si affinités)
La saga « Ça » invite à confronter ses propres démons. Grippe-sou, lui, ne se contente pas de faire flotter ses victimes. Doté de pouvoirs surnaturels, il semble indestructible, et c’est ce qui terrifie autant : « Il est comme un psy maléfique, s’amuse Grégoire, 35 ans. Il plonge au plus profond de vous, prompt à saisir la moindre faiblesse intime pour vous détruire. C’est cent fois pire qu’un tueur en série ou un zombie qui n’en veulent qu’à votre physique ». Ambiance clinique glaçante garantie.
Même le maître himself, Stephen King, n’échappe pas à la trouille de sa propre création. Il a avoué que la nouvelle série est « géniale » et, comble du compliment (ou du warning), que le pilote est carrément « terrifiant ».
- Peur des clowns ? Vous n’êtes pas seuls.
- Derry, c’est chez tout le monde…
- Grippe-sou ne fait qu’une bouchée de nos petites angoisses.
Bref, prenez une grande inspiration avant de plonger dans les origines de Grippe-sou. Après tout, affronter ses peurs est le premier pas pour ne pas finir soi-même dans les bras de ce clown décidément pas comme les autres… À vos cauchemars !
