L’apprentissage de la marche chez les tout-petits, c’est un peu comme une première sur scène : beaucoup d’émotions, quelques applaudissements… et souvent une petite angoisse côté parents. Mais quand votre enfant préfère jouer les funambules et marcher sur la pointe des pieds, faut-il s’alarmer ou applaudir la prouesse ? Levons le voile sur cette démarche en apparence inoffensive, mais parfois source de questionnements.
Pourquoi la marche fascine autant les parents ?
Qu’on se le dise, rien n’angoisse plus (ou presque) des parents que de voir leur progéniture faire ses premiers pas. L’apprentissage de la marche marque une étape capitale dans le grand feuilleton du développement de l’enfant et beaucoup de parents s’interrogent, voire consultent, à son sujet. De la première tentative hésitante au « marathon » du couloir, c’est un moment clef où chaque détail retient l’attention… et pas seulement les vidéos à envoyer à la famille.
Marcher sur la pointe des pieds, qu’est-ce que ça veut dire ?
Il arrive donc qu’au beau milieu de cette étape inoubliable, les parents – puis, souvent, le pédiatre – réalisent que l’enfant a une certaine tendance à marcher sur les pointes. Dans le jargon médical, c’est la fameuse « marche en équin » : pas besoin de s’imaginer l’enfant trottant tel un petit cheval, c’est simplement une manière particulière, souvent temporaire, d’évoluer pendant le développement.
Heureusement, dans la majorité des cas, cette posture, qui fait parfois sourire, n’est qu’une étape passagère dans le parcours d’apprentissage.
- La plupart des enfants commencent à marcher entre 12 et 14 mois.
- Traditionnellement, ils posent naturellement le pied bien à plat.
- Mais certains, les originaux du groupe, préfèrent – au début – s’essayer aux pointes des pieds.
À partir de quand faut-il commencer à s’inquiéter ?
Vous l’aurez compris : voir son bout de chou jouer les ballerines n’est pas, en soi, une raison de paniquer. Il est même tout à fait courant de repérer cette tendance chez les jeunes enfants, notamment pendant la petite enfance. Et si on sait que la marche doit être acquise au plus tard vers 18 mois, l’habitude des pointes n’y change rien à ce stade.
Mais comme toujours, la vigilance parentale n’est jamais vaine. Si la « marche en équin » persiste au-delà de la fameuse période dite « normale », c’est-à-dire après l’âge de quatre ans, là il est conseillé de se poser des questions. En effet, cette démarche qui paraissait seulement amusante ou inoffensive peut cacher l’existence de possibles complications à venir… Même si, ne l’oublions pas, la grande majorité des cas se résolvent, sans heurts, avant l’âge de six ans.
Ce qu’en dit le spécialiste… et ce qui doit rassurer
Le docteur Christian Mourin, qui n’en est pas à sa première question anxieuse sur le sujet, rassure avec pragmatisme. Selon lui : « La démarche sur la pointe des pieds a une évolution spontanément favorable dans la grande majorité des cas, surtout chez les plus petits (du début de la marche jusqu’à l’âge de 3-4 ans). Il n’y a donc pas vraiment d’inquiétude à se faire, à condition toutefois que l’on constate que de temps en temps, au repos notamment, l’enfant a les pieds bien à plat. »
En d’autres termes, tant que votre enfant n’est pas systématiquement juché sur la pointe des pieds, même en position de repos, vous pouvez respirer et ranger (pour l’instant) le numéro du spécialiste. Pas besoin non plus de vous improviser kiné du dimanche, surveillez simplement que le développement suit son cours et que la tendance finit, doucement mais sûrement, par s’estomper avant l’âge de six ans.
Conseil pratique : La marche, c’est d’abord grandir à son rythme !
La marche sur la pointe des pieds, amusante de prime abord, fait souvent partie du processus naturel d’exploration du corps chez l’enfant. Retenez que l’évolution est généralement favorable. Néanmoins, si la démarche persistait au-delà de quatre ans ou vous interrogeait, parlez-en à votre pédiatre. Gardez l’œil, mais gardez surtout le sourire : apprendre à marcher, ça passe par quelques pointes, mais surtout par beaucoup de confiance… en votre enfant comme en vous !
