On connaît Adèle Exarchopoulos pour son intensité à l’écran, ses performances primées et maintenant… pour la galère de son nom de famille ! Mais saviez-vous que l’actrice a envisagé, l’espace d’un instant, de troquer ce nom peu commun contre une version allégée ? Spoiler : son père n’était absolument pas d’accord. Récit d’une anecdote aussi croustillante que touchante sur la fierté, la transmission familiale et l’identité dans le cinéma français.
Adèle Exarchopoulos, un nom déjà sur toutes les lèvres… ou presque
Récemment à l’affiche du film de science-fiction « Chien 51 » aux côtés de Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, encensée par la critique (et accessoirement détentrice de deux César avant même ses 32 ans), ne cesse de marquer les esprits. Palme d’or pour « La Vie d’Adèle », César du Meilleur espoir féminin en 2014, et César du Meilleur second rôle en 2024 pour « Je verrai toujours vos visages » : la native de Paris s’impose comme un pilier du 7ème art tricolore.
Mais derrière le succès, il y a aussi les doutes et les petites galères du début, comme elle l’a raconté avec beaucoup d’humour lors de sa récente apparition dans l’émission « Hot Ones » animée par Kyan Khojandi. Interpellée sur son nom réputé imprononçable, Adèle a embrayé sans se démonter :
« Oui, c’est une cata. Mais si je te dis le nom de famille de ma mère, tu vas comprendre ! Elle s’appelle Niquet. Voilà donc j’ai dit tant pis, on va bégayer, c’est pas grave. »
Naissance d’un micro-drame dans l’industrie du cinéma
Rien ne la prédestinait pourtant à une telle prise de tête sur son patronyme. Et pourtant, tôt dans sa toute jeune carrière, certains producteurs n’ont pas caché leur intérêt pour un nom plus simple à retenir (comprendre : à prononcer sans contorsion buccale). Ils lui suggèrent alors poliment mais fermement : « Exar ».
- Suppression en règle des syllabes rebelles
- Volonté de lisser le parcours public
- Un bon coup de balai culturel ?
Candide, Adèle en parle alors à son père :
« Naïvement, je dis à mon père : On m’a dit que c’était galère notre nom, peut-être que c’est mieux Exar. Il m’a dit : Ok, ok, bonne nuit ma fille. »
Mais le lendemain, elle sent sur le plateau une drôle d’ambiance…
La fierté paternelle : quand papa sort les griffes
Coup de théâtre familial ! Son père d’origine grecque, attaché viscéralement à l’intégrité de leur nom de famille, ne l’entend pas de cette oreille. Il prend son téléphone, secoue la production, met les points sur les i (et sur les oméga, dans la tradition). « Mon père a pété un câble, j’avais honte tellement il a pété un câble. Il avait appelé la prod et il avait incendié les gens pour leur dire qu’on disait pas ça à une gamine », confie Adèle. Ambiance électrique mais le message est passé : pas question de saborder l’identité familiale sous prétexte de prononciation capricieuse !
L’actrice ne précise pas le film concerné, mais à en croire ses propres mots et l’allusion à « une gamine », ce micro-drama se serait déroulé lors du tournage des « Enfants de Timpelbach ». Elle n’avait alors que 14 ans.
Le choix de l’authenticité : une galère… salvatrice
Qu’on se le dise, Adèle n’a jamais cédé aux sirènes de la simplification. Ni aux pressions ni aux arguments de « praticité » marketing. Et on peut dire qu’elle a eu le nez fin (et le nom long). Renoncer à son identité ? Hors de question. D’ailleurs, cette fidélité a accompagné l’ascension fulgurante de sa carrière, sans nuire une seconde à sa notoriété. Après la Palme d’Or pour « La Vie d’Adèle », la jeune femme est devenue un visage incontournable du cinéma français, croisant la route de cinéastes aussi variés que Justine Triet (« Sibyl »), Quentin Dupieux (« Mandibules », « L’Accident de piano »), Gilles Lellouche (« L’Amour ouf »), Sean Penn (« The Last Face ») ou encore Cédric Jimenez (« Bac Nord », « Chien 51 »).
Finalement, une galère de nom, c’est aussi une belle leçon d’ancrage : dans la vie comme au cinéma, rester fidèle à soi-même peut ouvrir toutes les portes… même celles du cinéma de genre ou d’auteur ! Et vous ? Prêt à porter haut et fort tout votre nom, même s’il donne quelques migraines aux gens de la com ?
