Voici l’histoire d’un film qui, bien qu’accueilli à coups de missiles par la critique française à sa sortie, a pourtant déchaîné l’enthousiasme du public, explosé les scores du box-office mondial et même décroché un Oscar. Oui, on parle bien de « Independance Day ». Alors, comment un long-métrage de science-fiction si controversé a-t-il réussi à défier les pronostics ? Préparez vos lunettes de soleil à la Will Smith, on repart pour une invasion… grand spectacle.
Quand la critique française tire à vue…
Lancé en 1996, porté par le trio Will Smith, Bill Pullman et Jeff Goldblum, « Independance Day » est le bébé du réalisateur Roland Emmerich, maître autoproclamé du cinéma catastrophe américain. Pourtant, au pays du béret et des baguettes, la presse ne s’est pas privée. Télérama n’a pas mâché ses mots, qualifiant le film de « monumentale connerie, recyclage ranci d’Alien, Rencontres du troisième type, et autre Croisière du Poséidon ». La revue Positif a démonté sans ménagement « la niaiserie du scénario ». Et Libération, dans sa grande poésie, l’a carrément rangé parmi les films « accablants de nullité et, plus grave, d’ennui ».
- Télérama : « monumentale connerie »
- Positif : « niaiserie du scénario »
- Libération : « film accablant de nullité et d’ennui »
À l’international, l’accueil n’a pas été beaucoup plus tendre : un score de 65% d’opinions favorables sur Rotten Tomatoes et 59/100 chez Metacritic. Bref, on a vu des départs plus reluisants…
… le public, lui, en redemande !
À croire que les spectateurs n’avaient pas lu la presse, ou alors s’en fichaient royalement : « Independance Day » a conquis la planète, rien que ça ! Le film a rapporté la bagatelle de 817,4 millions de dollars à travers le monde. En France, il a aussi tapé dans le mille avec plus de 5,6 millions d’entrées. Comme quoi, une bonne invasion d’extraterrestres, ça fédère plus qu’on ne le pense.
Et parce que tout bon blockbuster ne saurait se contenter d’un succès populaire, le film a joliment raflé l’Oscar des meilleurs effets spéciaux en 1997, face à des concurrents de taille : « Cœur de dragon » et « Twister ». Rien que ça.
- 817,4 millions de dollars de recettes mondiales
- Plus de 5,6 millions d’entrées en France
- Oscar des meilleurs effets spéciaux en 1997
Mais au fait, c’est quoi l’histoire ?
Pour ceux qui auraient zappé le phénomène, synopsis express : une gigantesque soucoupe volante vient jouer les troubles-fêtes au-dessus de la Terre. Très vite, une flotte de vaisseaux se positionne au-dessus des grandes villes. David Levinson, analyste (Jeff Goldblum), décèle dans un signal mystérieux un compte à rebours. Il alerte le président Whitmore (Bill Pullman), mais c’est déjà la cata : villes et habitants sont dévastés.
Heureusement, il y a Steven Hiller (Will Smith), capitaine de l’armée, pour organiser la riposte. Seulement, les attaques contre les envahisseurs s’avèrent inefficaces – leur bouclier résiste à tout. En parallèle, les survivants de Los Angeles, dont la compagne et le fils de Steven, s’organisent pour espérer survivre au chaos.
Le scénario nous emmène jusqu’au désert du Nevada où, le 4 juillet (Jour de la fête nationale américaine), la Terre joue sa dernière carte. Des feux d’artifices à la pelle ? Non, une ultime bataille pour l’humanité !
Un classique boudé par la critique, adoré par le public
Que l’on aime ou pas les blockbusters qui en mettent plein la vue, difficile de nier que « Independance Day » fait aujourd’hui figure de classique de la pop culture et du cinéma spectacle. Corse de sérieux, Roland Emmerich, habitué des bulldozers cinématographiques comme « Le Jour d’après » et « 2012 », aura prouvé avec ce film qu’un succès ne se mesure pas seulement à la foudre des critiques, mais bel et bien au frisson collectif qu’il provoque… quitte à faire sauter quelques préjugés avec les buildings.
Alors, si vous n’avez encore jamais vu « Independance Day » (ou s’il trône dans votre panthéon personnel des plaisirs coupables), laissez-vous tenter : qui sait, un Oscar et 817 millions de dollars de recettes cachent peut-être un spectacle à ne pas manquer – même si la presse n’en voulait pas !
