Dans un pays où les débats énergétiques sont aussi animés qu’une assemblée de famille à Noël, rares sont ceux qui soufflent un mot sur une promesse bleue encore trop discrète : l’hydrolienne. Tandis que le nucléaire continue de faire couler beaucoup d’encre (et de déchets), que les éoliennes hérissent les poils des écologistes soucieux du paysage, et que les panneaux solaires commencent tout juste à sortir la tête du sable, une solution innovante pointe timidement le bout de ses pales sous nos vagues. Cap sur cette énergie qui pourrait bien finir par mettre notre bon vieux compteur électrique au chômage !
Hydrolienne : la mer, une source d’énergie inépuisable… et (presque) ignorée
- Une turbine sous-marine :
- Fonctionnement continu grâce aux courants des vagues
- Simplicité et efficacité mise en avant
L’hydrolienne, c’est concrètement une turbine qu’on vient installer dans la mer. Le principe ? Profiter sans scrupule du mouvement continuel des vagues. Et tant que la mer ne cesse pas de faire des siennes, la production d’énergie non plus ! Ce procédé, aussi simple que génial (si, si), reste pourtant la star oubliée du paysage énergétique français. Mis à part Neozone qui s’époumone à lui offrir une tribune (« Hydrolienne : pourquoi l’énergie marémotrice (pratiquement illimitée) est innovante et très importante ? »), c’est le silence radio du côté des pouvoirs publics. Alors, lobby nucléaire 1 – Hydrolienne 0 ?
Mais que fait la France ?! (Spoiler : plus qu’on ne le croit)
La France ne se contente pas de râler. Elle bouillonne même d’initiatives – dans l’ombre, certes, mais avec panache ! On découvre qu’une société hexagonale a mis au point un système d’hydrolienne pour équiper les fleuves. Oui, vous avez bien lu : pas seulement la mer, mais aussi les rivières ! Ainsi, dans le Finistère, une hydrolienne flottante a été conçue pour être posée… sur le fleuve Congo. Pas de chauvinisme, l’électricité la moins chère d’Afrique vient aussi de chez nous.
On relève aussi la Poseide 154, développée par Guinard Energies Nouvelles : là, on parle d’un coût d’électricité compris entre 0,13 et 0,26 €/kWh. Pas besoin d’être ingénieur pour voir que la compétitivité s’invite à la fête.
Et ce n’est pas tout. Figurez-vous qu’une installation d’envergure va bientôt sortir de l’eau au raz Blanchard, près de la Hague. FloWatt, que ça s’appelle : une ferme hydrolienne cinq fois plus puissante que sa cousine japonaise, qui ambitionne gentiment de devenir la plus puissante au monde. Cocorico !
L’Europe n’est pas en reste : bataille de turbines géantes
À ceux qui penseraient encore que l’hydrolien, c’est une lubie franco-française, la réponse se trouve du côté du Nord. Plus précisément : à Orkney, en Écosse. Là-bas, Orbital Power Marine prévoit d’installer la plus puissante turbine marémotrice mondiale. Les Européens semblent décidés à se la jouer Fast & Furious des courants !
Pour les petits bras (ou petits ruisseaux) : la mini-hydrolienne à la rescousse
Vous n’avez pas la Manche sous la main, ni un fleuve à dompter ? Pas grave. Revolution Énergétique évoque aussi la voie du minimalisme : la « pico-centrale hydroélectrique ». Celle-ci promet une déconnexion du réseau électrique pour qui possède un simple maigre filet d’eau. Pas de tsunami de technologie à installer : même avec une timide rivière, vous pourriez envisager de mettre la main sur votre propre production énergétique.
- Solution adaptée aux petits débits
- Désintermédiation du réseau classique
En conclusion : Nous vivons une époque où le débat énergétique est aussi crispé qu’un câble haute tension en plein hiver. Et si l’on osait regarder sous la surface, là où tournent déjà des hydroliennes made in France et ailleurs ? Entre méga-centrales et pico-solutions, il y a sûrement plus d’une voie pour vider (en toute sérénité) la facture EDF. Un conseil ? Soyez curieux, gardez un œil sur vos rivières locales… et ne dites pas que vous n’aviez pas été prévenu lorsque votre voisin produira son électricité avec son petit ruisseau. Ça fait toujours son petit effet à la fête des voisins !
